Samuel Godelu est cordiste chez DEKRA. Un métier spectaculaire qui lui permet d'intervenir sur de nombreuses infrastructures.

18.12.2019

Comment devient-on cordiste ? S’agit-il d’une vocation ?

Pour ma part, ce n’est pas une vocation, je suis arrivé un peu par hasard dans ce domaine. La première année où je suis arrivé chez DEKRA, on m’a proposé d'intervenir en montagne pour l’inspection des remontées mécaniques. De ce fait, j'ai suivi une formation de travail en hauteur. Ensuite, au vu des différents appels d'offre sur lesquels DEKRA a répondu, l’appel aux techniciens cordistes s’est élargi, nous avons donc fait le choix de suivre une formation certifiante via l’Irata, l’association de référence dans l’accès industriel au moyen de cordes*.
* Industrial Rope Access Trade Association, https://irata.org/fr/

Tu ne connaissais pas du tout ce métier avant de travailler chez DEKRA ?

Non pas du tout... Auparavant, j’avais travaillé pendant deux ans en tant qu’inspecteur qualité dans une société qui fabrique des ouvrages d'art. Pour l’anecdote, à l’issue d’un appel d’offre, cette entreprise est devenue cliente chez DEKRA. Avant cette expérience, j’étais dans une société d'armement situe à Bourges toujours comme inspecteur qualité.

Est-ce toi qui as créé l'activité Cordiste chez DEKRA ?

Indirectement oui. Comme nous sommes intervenus sur l’inspection des remontées mécaniques, nous avons pu ensuite enchainer sur une mission en tant qu’organisme de contrôle avec des techniciens cordistes pour inspecter des réservoirs aériens. Il y a eu ensuite le contrat gagné avec Eiffage pour inspecter les ascenseurs panoramiques de l’Arche de la Défense. Nous avons ensuite gagné les appels d'offre pour inspecter les installations dans différents ports que ce soit de marchandises, de transport ou bien naval. À ce jour, nous intervenons sur les ports du Havre, de Sète, de Toulon, de Casablanca avec des contrats cadre de 4 ans.
Le nouveau pôle « Cordiste » prend forme aujourd’hui malgré les difficultés en phase initiale sur la partie recrutement, mais après 10 mois d'acharnement, une équipe de professionnels cordistes dans les END (essais non destructifs) est en train de voir le jour et devrait s’agrandir au cours de l'année prochaine.

As-tu déjà eu peur lors de tes missions ? Peux-tu nous expliquer avec tes mots ce que tu ressens dans ces moment-là et comment tu parviens à surmonter tes craintes ?

Je ne parlerais pas de peur mais plutôt d’une certaine appréhension qui me permet de rester constamment vigilant car dans ce métier, être trop confiant peut susciter des erreurs qui peuvent-elles être fatales... J'aime cette sensation même si cela peut paraître bizarre et pas commun de se suspendre avec des cordes. En fait, je ne connais pas la peur car si tu as peur, tu ne descends pas, idem pour ton binôme*. Nous devons avoir confiance l’un en l’autre en toute situation.
Pour ma part, j'aborde les interventions même périlleuses avec sérénité et calme. La sécurité est primordiale et c’est le cœur de notre métier. Avant les interventions, il y a une visite préalable sur site avec un plan de prévention qui décrit toutes les règles à respecter.

* NDLR : les cordistes montent en binôme pour des raisons de sécurité

Quelle part de ton temps professionnel est nécessaire pour bénéficier d’une sécurité optimale sur le terrain ?

Nous nous préparons en amont de la mission. Nous avons au sein de DEKRA notre propre matériel en sac individuel ce qui permet d’être serein car nous sommes garants de son état. Pour les interventions, je dirais que la préparation et la vérification de nos cordes nous prennent en moyenne deux heures.
Même si nous sommes sûrs de nous, nous devons faire un contrôle croisé de nos installations vérifiées d'où la confiance en notre binôme. Comme l'erreur est humaine, j'ai instauré cette règle issue d'une expérience dans une société nucléaire où cette technique de contrôle croisé est utilisée même pour de simples interventions.

Nous avons découvert les photos spectaculaires de ton travail à l’Arche de la Défense et dans les Alpes, s’agissait-il de missions exceptionnelles ou toutes tes missions sont aussi spectaculaires ?

Elles peuvent l’être à différents niveaux. La hauteur ne signifie pas forcément une intervention spectaculaire, il y a aussi le contexte et les infrastructures. Par exemple dans une raffinerie, une de mes premières interventions a été de faire des mesures d'épaisseur sur une tuyauterie, à une hauteur de 50 mètres, avec 4 énormes hélices refroidisseurs plus bas, derrière un grillage de protection mais la vue était tout aussi impressionnante, même si en soit le risque de se faire découper en morceaux était improbable !

Quelle est ta mission la plus spectaculaire ?

L'Arche de La Défense ! Pour beaucoup de raisons... : le site, la capitale – un panorama incroyable sur Paris, la hauteur, le contexte.

Quelle est la mission que tu aimerais faire ? Celle qui te ferait rêver ?

Je suis allé à Dubaï et là-bas tout est plus grand. Une intervention là-bas serait vraiment spectaculaire.

Pratiques-tu des activités tout aussi exaltantes en dehors du milieu professionnel ?

J'aime et je pratique le saut en parachute et un peu de sport de combat.

Que pensent tes proches de ton métier ? Le trouve-t-il risqué ? Comment l’appréhendent-ils ?

Mes proches sont plutôt fiers de moi car ce n’est pas commun de faire ce genre d’interventions. Souvent mes parents - alors que j’ai 40 ans - me disent « soit prudent mon garçon ! » Pour ma fille, elle est très fière de son papa et elle dit à ses amis ou à la famille « c’est mon papa qui a fait ça ». Pour ma compagne, elle a peur mais elle me fait confiance.

 

samuel cordiste

 

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