Le bureau est le second lieu de vie des Français après leur logement. Pourtant, l’air qu’ils y respirent est entre 5 et 7 fois plus pollué que l’air extérieur selon l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur. De nombreux contaminants peuvent être présents dans les bâtiments, qui peuvent être à l’origine de pathologies telles que des maux de tête, nausées, étourdissements, fatigue, allergies, irritations des yeux, du nez et de la gorge. Certains peuvent même être cancérigènes.

A quel type de polluants pouvons-nous être exposés dans les lieux de travail ?

On peut classer les polluants selon leur nature :

  • Polluants chimiques : composés organiques volatils (COV), oxydes d’azote (NOx), monoxyde de carbone (CO), aldéhydes, etc.
  • Biocontaminants : micro-organismes, allergènes, pollens, etc.
  • Polluants physiques : particules et fibres (amiante, fibres minérales artificielles, etc.)

Quelles sont les principales sources d’exposition à ces polluants ?

La qualité de l’air dans les lieux de travail est la résultante de plusieurs facteurs. Elle est liée au bâtiment lui-même (matériaux de construction et de décoration, colles, peintures, revêtements de sol), ainsi qu’à son environnement (zone urbaine, présence de sites industriels ou de chantiers de construction à proximité…).
Certains équipements comme les ordinateurs, les imprimantes et les photocopieurs peuvent être des sources non négligeables de composés organiques volatils (COV), d’ozone (O3) et de particules fines et ultrafines. Les produits d’entretien émettent également des COV de type alcools, terpènes, éthers de glycol, cétones, etc. selon l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur. Il vaut mieux privilégier les produits d’entretien contenant peu de COV et sans parfum. 

Que sont les COV ?

Les composés organiques volatils ou COV sont des composés appartenant à différentes familles chimiques. Ils sont largement utilisés dans la fabrication de nombreux produits, matériaux d'aménagement et de décoration : peinture, vernis, colles, nettoyants, bois agglomérés, moquette, tissus neufs, etc. Ils sont également émis par le tabagisme et par les activités d'entretien et de bricolage. Leur point commun est de s'évaporer plus ou moins rapidement à la température ambiante et de se retrouver ainsi dans l'air. Les COV sont souvent plus nombreux et plus concentrés à l'intérieur qu'à l'extérieur compte tenu de la multiplicité des sources intérieures.

Source : Observatoire de la qualité de l’air intérieur

 

Comment renouveler l’air dans les lieux de travail ?

Dans les immeubles de bureaux, la qualité de l’air est étroitement liée aux systèmes de chauffage, ventilation et climatisation. Le choix du type de ventilation, du mode de chauffage et du système de traitement de l’air est donc primordial. 
Par la suite, il faut vérifier régulièrement leur bon fonctionnement, la manœuvrabilité des ouvrants, l’étanchéité, etc. En effet, si les filtres sont saturés, ils diffuseront les polluants accumulés. Et si un agent pathogène entre dans le circuit de ventilation, il se diffusera vite à l’ensemble des bureaux.

Quelles sont les obligations de l’employeur ?

Le Code du travail (article R4222-1) prévoit que dans tous les locaux de travail fermés où séjourne du personnel, l’air doit être renouvelé de façon à :

  • Maintenir un état de pureté de l’atmosphère propre à préserver la santé des travailleurs,
  • Éviter les élévations exagérées de température, les odeurs désagréables et les condensations.

Il est fait la distinction entre deux catégories de locaux :

  • Les locaux à pollution non spécifique (LPNS) regroupent les locaux dont la pollution est liée à la seule présence humaine, à l’exception des locaux sanitaires. 

Exemples : bureaux, salles de réunion, locaux sans travail physique, etc.

  • Les locaux à pollution spécifique (LPS) regroupent :
    • les locaux dans lesquels des substances dangereuses ou gênantes sont émises sous forme de gaz, vapeurs, aérosols ou liquides, autres que celles qui sont liées à la seule présence humaine, 
    • les locaux pouvant contenir des sources de micro-organismes potentiellement pathogènes,
    • les locaux sanitaires.

Exemples : locaux fumeurs, laboratoires, ateliers d’usinage, cabines de peinture, etc.

Comment surveiller la qualité de l’air dans les locaux à pollution non spécifique ?

Dans les locaux à pollution non spécifique, l’aération doit être assurée soit par ventilation mécanique, soit par ventilation naturelle permanente. 
L'aération par ventilation naturelle est autorisée lorsque le volume par occupant est égal ou supérieur à :

  • 15 m3 pour les bureaux et les locaux où est accompli un travail physique léger ;
  • 24 m3 pour les autres locaux.

Les locaux doivent comporter des ouvrants donnant directement sur l'extérieur et leurs dispositifs de commande doivent être accessibles aux occupants (portes, fenêtres).

Lorsque l'aération est assurée par ventilation mécanique, le débit minimal d'air neuf à introduire par occupant est fixé dans le tableau suivant :

Désignation des locaux Débit minimal d’air neuf par occupant
Bureaux, locaux sans travail physique 25 mètres cube par heure
Locaux de restauration, locaux de vente, locaux de réunion 30 mètres cube par heure
Ateliers et locaux avec travail physique léger 45 mètres cube par heure
Autres ateliers et locaux 60 mètres cube par heure

 

Comment surveiller la qualité de l’air dans les locaux à pollution spécifique ?

Dans les locaux à pollution spécifique, les concentrations moyennes en poussières inhalée par un travailleur, évaluées sur une période de huit heures, ne doivent pas dépasser :

  • 10 milligrammes par mètre cube d'air pour les « poussières totales » (comprendre « poussières inhalables »)
  • 5 milligrammes par mètre cube d'air pour les poussières alvéolaires (qui sont susceptibles de pénétrer jusqu’aux alvéoles des poumons)
Que sont les poussières ?
Les poussières sont de très fines particules solides qui restent en suspension dans l’air et dont le niveau de pénétration dans l’organisme, par voie pulmonaire, dépend de leur taille.
Taille des poussières Effets
De 10 à 100 microns Aussi appelées « poussières inhalables », ces poussières sont retenues au niveau des fosses nasales
De 5 à 10 microns Poussières qui pénètrent dans la trachée, les bronches puis les bronchioles. Elles peuvent être crachées ou avalées dans l’œsophage ; mais si l’empoussiérage est trop élevé, elles iront jusqu’aux alvéoles.
0,5 micron Poussières très fines qui se déposent sur les alvéoles pulmonaires. En dessous de 0,5 micron les poussières se comportent comme un gaz dans l’organisme et suivent donc la ventilation pulmonaire.
Elles peuvent être d’origine minérale (silice, amiante, fer, zinc, cobalt, étain…), végétale (bagasse, coton, céréales, farine…) ou même animale (déjections des poules, pigeons, perruches…).

 

D’autres poussières, et plus généralement d’autres substances telles que certains gaz, vapeurs, aérosols liquides ou vapeurs font l’objet de valeurs limites à ne pas dépasser. C’est le cas notamment du benzène, des poussières de bois, du chlorure de vinyle, du plomb métallique et ses composés, ainsi que de bien d'autres substances (à ce jour 83 font l'objet d'une valeur limite réglementaire contraignante et 45 d'une valeur limite réglementaire indicative).

Les installations de captage et de ventilation doivent permettre de réduire les concentrations de ces polluants dans l’atmosphère au niveau le plus bas possible, ces concentrations devant rester inférieures aux valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) réglementaires, lorsqu’elles existent.

Évaluation du risque chimique

L’employeur doit mesurer régulièrement le niveau d’exposition à des agents chimiques.
Lorsque les agents chimiques concernés possèdent une valeur limite d’exposition réglementaire contraignante ou indicative, un contrôle technique du respect de la VLEP doit être effectué par un organisme accrédité au moins une fois par an et en cas de modification des conditions d’exposition. Ces organismes sont accrédités pour l’établissement de la stratégie de mesurage, des prélèvements et des analyses. 

Les résultats des mesures et contrôles atmosphériques sont communiqués au médecin du travail et au CHSCT. Ils contribuent à l’évaluation des risques engendrés par une exposition à des agents chimiques et permettent de déterminer les mesures de prévention adaptées.

Contrôles périodiques 

Le chef d’établissement est responsable du contrôle et de l’entretien des installations. 

Les résultats des contrôles périodiques et les différentes opérations d’entretien et de nettoyage sont consignés dans le dossier de maintenance.

Les contrôles périodiques à effectuer sont définis dans l’arrêté du 8 octobre 1987.

L’inspecteur du travail peut également prescrire au chef d'établissement de faire procéder par une personne ou un organisme agréé à des contrôles et mesures (Code du travail, article  R.4722-1).

DEKRA Industrial, organisme accrédité 

Vous souhaitez vérifier la qualité de l’air intérieur dans vos espaces de travail ? Les experts de DEKRA Industrial sont à votre service pour vous renseigner.
Ils sont en mesure d’effectuer les prestations suivantes :

  • Assistance technique pour l’élaboration du dossier de valeurs de référence d’installations d'aération et d'assainissement
  • Vérification initiale d’installations d'aération et d'assainissement de l’air
  • Vérification périodique d’installations d'aération et d'assainissement
  • Vérification d’installations d'aération et d'assainissement suite à une demande de l'administration
  • Évaluation du risque chimique afin d’identifier la présence ou l’absence de substances dangereuses pour les salariés 
  • Stratégie de prélèvement et constitution de groupes d’exposition homogène nécessaires aux campagnes de mesure des substances
  • Prélèvement et analyse de substances chimiques dans l'air et diagnostic en relation avec les Valeurs Limites d'Exposition Professionnelle (VLEP).

 

En savoir plus :
-    Aération et ventilation : https://www.dekra-industrial.fr/aeration-ventilation
-    Aération des locaux : https://www.dekra-industrial.fr/aeration-locaux
-    Salles blanches : https://www.dekra-industrial.fr/news/salles-blanches-comment-maitriser-risques-contamination
-    Qualité de l’air intérieur dans les écoles, crèches, maternelles et PMI : https://www.dekra-industrial.fr/news/qualite-air-interieur-ecoles-creches-maternelles-pmi

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