À l’heure où le salon Expo Protection reçoit les professionnels de la sécurité et de la gestion des risques, un point s’impose sur la place précise que doivent tenir les EPI (équipements de protection individuelle) dans la stratégie de prévention. Dans l’industrie comme en milieu tertiaire, dans les collectivités comme sur les chantiers, leur utilisation répond à des objectifs de protection mais ne doit pas dégrader les conditions de travail, voire provoquer d’autres dangers. C’est donc à partir de l’évaluation des risques menée dans l’entreprise que doit être engagée la réflexion relative aux EPI.

21.11.2022
Temps de lecture: 4 minutes

Porter et utiliser les bons équipements de protection individuelle (EPI) pour prévenir la sécurité au travail

 

Comment bien choisir ses équipements de protection individuelle (EPI) ?

Un rapide tour d’horizon dans une usine le montre assez clairement : le port correct des EPI est assez rare ! Entre les jeunes recrues qui minimisent les risques et les plus anciens qui se souviennent "qu’avant, on ne s’embêtait pas avec tout ça". Le travail de sensibilisation et de formation ne doit jamais se relâcher. La signalétique de sécurité n’est qu’un rappel, il convient au préalable d’avoir appris à porter et enlever des gants de protection chimique en évitant toute contamination, par exemple.

De plus, l’éventail d’EPI qu’un travailleur peut être amené à utiliser est vaste en fonction de l’activité et des risques induits :

  • Biologiques (bactéries, champignons, virus...),
  • Chimiques (inhalation ou contact avec des produits chimiques…),
  • Mécaniques (chutes, chocs, projections de particules…),
  • Electriques (électrocution, arcs électriques...),
  • Thermiques (chambre froide, matériaux en fusion…),
  • Rayonnements ionisants ou non ionisants (laser, ultraviolet…),
  • Sonores (bruit ambiant, bruit de fond…).

Les 9 principes généraux de la prévention ! 

Si les EPI sont les éléments de sécurité les plus visibles en milieu dangereux, il faut garder à l’esprit qu’ils ne sont que le dernier recours. C’est-à-dire que tous les moyens doivent être préalablement mis en œuvre pour assurer la sécurité du personnel et des tiers autorisés (sous-traitants, intérimaires, clients, visiteurs…). Et seulement si les autres solutions ne sont pas efficaces et suffisantes, alors la distribution de ces masques, gants, casques, combinaisons et autres équipements sera obligatoire.

 Cette démarche est clairement détaillée par l’INRS :

  1. Éviter les risques en supprimant le danger ou l'exposition à celui-ci.
  2. Évaluer les risques qui ne peuvent pas être supprimés : apprécier l’importance du risque afin de prioriser les actions de prévention à mener.
  3. Combattre les risques à la source : intégrer la prévention le plus tôt possible, idéalement dès la conception des lieux de travail et des modes opératoires pour faire reposer le moins possible la sécurité sur les équipements personnels.
  4. Adapter le travail à l’Homme : concevoir les postes de travail, choisir les équipements, déterminer les méthodes de travail et de production avec l’objectif de limiter le travail monotone et le travail cadencé.
  5. Tenir compte des évolutions : assurer une veille sur les innovations techniques et organisationnelles pour sélectionner les EPI offrant la meilleure protection.
  6. Remplacer ce qui est dangereux par ce qui ne l’est pas : éviter les procédés ou les produits dangereux lorsqu'un même résultat peut être obtenu avec une méthode présentant des dangers moindres.
  7. Planifier la prévention en coordonnant la technique, l’organisation et les conditions de travail, les relations sociales et l’environnement.
  8. Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle. Et n'utiliser les EPI qu'en complément des protections collectives si elles se révèlent insuffisantes.
  9. Donner des instructions appropriées aux travailleurs : inclure les salariés dans la démarche de prévention en les formant afin qu’ils connaissent les risques et s’approprient les moyens de prévention.

Les EPI suffisent-ils pour protéger les salariés ?

Dans le domaine de la prévention, le chef d'entreprise ou d'établissement est soumis à une obligation de résultat. Multiplier les EPI ne sert donc à rien tant qu’un audit n’a pas identifié les risques et les mesures appropriés pour les neutraliser. Une évaluation de l’utilisation effective des protections est ensuite nécessaire, pour éviter toute dérive, introduire des améliorations, corriger des choix de matériels inadaptés. Ces équipements doivent être maintenus en état de conformité par un contrôle rigoureux. Enfin, leur usage doit aussi répondre au principe d’ergonomie, c’est-à-dire permettre d’exécuter les tâches prévues, surtout dans le cas où plusieurs protections doivent être cumulées.

Dans cette optique, la réglementation exige que les salariés soient formés au port des EPI dès leur accueil : trop de bouchons d'oreilles sont portés à l'envers, pour ne citer qu'un exemple basique. Le personnel doit également être bien conscient de la mise en jeu de son capital santé. C'est le rôle des sessions de formation, qui aident à transformer l'obligation subie en une adhésion lucide et partagée.

Avec DEKRA, déterminez les EPI nécessaires à votre activité : 

Une veille technique sur tous les types d’EPI, plus une veille juridique sur les obligations réglementaires associées : voilà des missions auxquelles s'attèlent nos spécialistes. Depuis des décennies, les experts DEKRA accompagnent nos clients pour déterminer les EPI nécessaires en fonction des risques résiduels constatés, tout en facilitant l'adhésion et l'implication des collaborateurs. 

 De même, le contrôle annuel obligatoire fait partie des services que nous proposons :
•   Vérification générale périodique des EPI (état, nombre, conformité),
•   Vérification des dispositifs d'ancrage pour EPI antichute (harnais, bonne connaissance des pictogrammes, etc...). 

Au-delà de ces missions, DEKRA Formation propose de nombreux modules concernant le port et l'utilisation des EPI, du premier niveau de sensibilisation jusqu’à des cursus spécifiques par type de risque.