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Absentéisme, "turnover", démotivation, augmentation des accidents du travail, ce ne sont que quelques exemples des coûts pour les entreprises d’une mauvaise qualité de vie au travail. En 2013 ce sont plus de 900 000 accidents de travail et 68 000 maladies professionnelles* qui ont impacté le quotidien des entreprises françaises. Identifier les risques et adopter la bonne stratégie pour améliorer la santé et la sécurité au travail est critique pour assurer la pérennité d’une entreprise. Tour d’horizon des principaux éléments à prendre en compte pour améliorer le bien-être des salariés.

La notion de bien-être au travail regroupe à la fois la dimension matérielle (ergonomie du poste de travail), physique (pénibilité des tâches) et psychologique (risques psycho-sociaux) des travailleurs. Après avoir connu un pic en 2011 la pénibilité physique des tâches a tendance à régresser au fil des années en France (mesurable par la baisse du nombre d’arrêt de travail et de maladies professionnelles). Elle est toutefois au centre d’une actualité réglementaire forte avec la création du compte pénibilité dès 2015 et son extension en 2016. Les contraintes psychologiques et organisationnelles tendent, quant à elles, à augmenter de par l’accentuation de la pression économique subie par les entreprises et leurs salariés.

Nouvelle loi impactant le CHSCT

Le CHSCT (Comité d’Hygiène, de sécurité et des conditions de travail) est au cœur des problématiques de qualité de vie au travail et de son amélioration. Il est composé de l’employeur ou de son représentant, d’une délégation du personnel et à titre consultatif du médecin du travail et du responsable de sécurité et des conditions de travail. Jusqu’à récemment ce comité était obligatoire dans toutes les entreprises de plus de 50 salariés. Depuis le 17 août 2015 une nouvelle loi vise à simplifier le dialogue social en regroupant plusieurs instances en une seule. Ainsi une entreprise de moins de 300 salariés pourra regrouper délégués du personnel, comité d’entreprise (CE) et CHSCT au sein d’une délégation unique du personnel (DUP). L’employeur de plus de 300 salariés devra passer un accord majoritaire au préalable. Les très petites entreprises (TPE), quant à elles devront organiser une représentation des salariés via des commissions régionales paritaires. Le décret du 23 juin 2003, impose aux entreprises de plus de 10 salariés la nomination des IPRP (référents conditions de travail) qui peuvent être en interne ou externalisés (DEKRA peut mettre à votre disposition ce type de compétence). La définition de la mission de l’IPRP dans le décret est la suivante : l'IPRP participe, dans un objectif exclusif de prévention, à la préservation de la santé et de la sécurité des travailleurs et à l'amélioration des conditions de travail ».

Les facteurs liés au bien-être au travail

 

Réduire la pénibilité au travail

Dès cette année les salariés exposés (estimés à 20% de l’ensemble des salariés) bénéficieront d’un compte personnel de prévention de la pénibilité. Celui-ci leur permettra d’accumuler des points pouvant être convertis soit en temps de formation pour sortir d’un emploi exposé à la pénibilité, soit en passage à temps partiel en fin de carrière avec maintien de rémunération soit en trimestres de retraite.

La pénibilité est caractérisée par deux conditions cumulatives définies dans l’article L4121-3-1 du Code du Travail :

- Une exposition à un ou plusieurs facteurs de risques professionnels susceptibles de laisser des traces durables, identifiables et irréversibles sur la santé. - Ces facteurs, déterminés par décret, sont liés à des contraintes physiques marquées, un environnement physique agressif ou à certains rythmes de travail.

4 facteurs sont pris en compte en 2015 :

  • Les activités en milieu hyperbare (à hautes pressions) Critère : Au moins 60 interventions par an dans un milieu soumis à 1200 hectopascals
  • Le travail de nuit Critère : 1 heure de travail entre minuit et 5 heures au moins 120 nuits par an
  • Le travail en équipes successives alternantes ou travail posté (par exemple 3x8) Critère : 1 heure de travail entre minuit et 5 heures en travail posté au moins 50 nuits par an
  • Le travail répétitif Critère 1 : répétition d’un même geste à cadence contrainte avec un temps de cycle inférieur ou égal à 1 minute pendant au moins 900 heures par an ou critère 2 : répétition de 30 actions techniques ou plus par minute avec un temps de cycle supérieur à 1 minute pendant au moins 900 heures par an

6 facteurs ne seront pris en compte qu’en juillet 2016 (la date du 1er janvier 2016 ayant été repoussée suite à la simplification du dispositif en mai 2015) :

  • Les manutentions manuelles Critères :

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  • Les postures pénibles Critère : Maintien des bras en l’air à une hauteur située au-dessus des épaules ou positions accroupies ou à genoux ou positions du torse en torsion à 30 degrés ou positions du torse fléchi à 45 degrés pendant au moins 900 heures par an
  • Les vibrations mécaniques Critère 1 : exposition des mains et bras à 2,5m / S2 sur une période de référence de 8 heures pendant au moins 450 heures par an ou critère 2 : exposition de l’ensemble du corps à 0,5m / S2 sur une période de référence de 8 heures pendant au moins 450 heures par an
  • Les agents chimiques dangereux (ACD), y compris poussières et fumées Critère : les valeurs limites d’exposition sont différentes pour chaque agent chimique (voir le lien)
  • Les températures extrêmes Critère : température inférieure ou égale à 5 degrés Celsius ou supérieure ou égale à 30 degrés Celsius au moins 900 heures par an
  • Le bruit Critère 1 : niveau d’exposition au bruit rapporté à une période de référence de 8 heures > à80 db au moins 600 heures par an ou critère 2 : exposition à un niveau de pression acoustique de crête > ou égal à 135 db au moins 120 fois par an

Ces facteurs de pénibilité peuvent parfois être réduits par des mesures organisationnelles et l’investissement dans de nouvelles machines de travail ou leur amélioration. DEKRA a mis au point des outils et une méthodologie basé sur des observations de nos ergonomes et des mesures (bruits, vibration, analyse chimique…) permettant de recueillir des informations factuelles sur les facteurs de pénibilité mais également des données organisationnelles. Pour en savoir plus contactez-nous via le formulaire en bas de cet article.

Augmenter l’ergonomie du poste de travail

L’ergonomie est une notion induite par le concept de pénibilité au travail. Un poste de travail non ergonomique est évidemment plus susceptible de provoquer des troubles musculosquelettiques (TMS) ou des accidents du travail. Environ 80% des maladies professionnelles sont issues de TMS tous secteurs confondus**. Chaque poste est différent, et doit faire l’objet d’une analyse approfondie dans le "document unique" qui répertorie l’ensemble des risques professionnels de l’entreprise (cf. notre article « Document unique : Ne le négligez pas »).

Il y a cependant un poste de travail que l’on trouve dans quasiment toutes les entreprises : le travail sur écran. Les TMS sont moins fréquents chez les travailleurs au bureau que chez ceux de l’industrie, néanmoins le travail informatique serait à l’origine de 4% d’entre elles***. Le syndrome du canal carpien (compression du nerf médian parcourant le poignet) est emblématique des mauvaises postures du travail au bureau.

Plusieurs gestes simples permettent de prévenir l’apparition des TMS liées au travail sur écran :

- Le siège doit être réglé à bonne hauteur pour que les pieds soient en appui sur le sol (ou sur un repose pied) et parallèle. L’inclinaison doit être légèrement vers l’arrière et permettre au dos d’être bien supporté. Les appuis bras doivent laissés les épaules relâchées sinon il est préférable de les enlever.

- Placer l’écran à une distance équivalant à environ la longueur du bras et à hauteur des yeux (plus bas si port de lunettes à foyer progressif). Nettoyer l’écran fréquemment et faire régulièrement des pauses courtes en regardant au loin.

- La souris doit être proche du clavier. Privilégier un clavier plat, réduire l’inclinaison du clavier et éventuellement utiliser un repose poignet. DEKRA se tient à votre disposition pour vous aider à élaborer ou mettre à jour votre document unique. Si la surface de votre établissement est inférieure à 200m² vous pouvez même commander la prestation directement en ligne via notre nouveau site internet : DEKRA On Demand

Prévenir les risques psycho-sociaux

Prévenir les risques menaçant l’intégrité physique du travailleur est primordial mais n’est pas suffisant. La santé mentale des salariés, plus difficilement mesurable, requiert également l’attention des entreprises car influe directement sur ses performances. En constante augmentation depuis de 10 ans, selon le rapport de septembre 2011 de l’ANSES, les Risques Psycho-sociaux (RPS) représentent désormais 22% des pathologies professionnelles. Dans le secteur de l’industrie le taux des pathologies professionnelles liées aux RPS est passé de 3,7% en 2001 à 14,6% en 2009. Dans le secteur de la santé la hausse est encore plus spectaculaire passant de 8% à 37%. Plusieurs typologies de RPS peuvent être distinguées :

Le stress

Le stress est le mal du siècle entend-on souvent. Élément majeur du mal-être des salariés, il n’a pas pour cause unique la surcharge de travail. Des problèmes organisationnels, de manque d’objectif, d’autonomie ou de reconnaissance peuvent également être source de stress. Tout stress, lorsqu’il est ponctuel et limité, n’est pas intrinsèquement négatif, c’est quand ce dernier devient paralysant, augmente l’agressivité ou se prolonge dans la durée qu’il devient néfaste. Le stress est à la fois la source de troubles comportementaux mais peut être un facteur aggravant de troubles musculo-squelettiques lorsqu’il est associé à de mauvaises postures de travail. L’INRS estimait à près de 3 milliards le seul coût du stress au travail pour la société française par an et ce avant même le retour de la crise économique mondiale en 2008 (chiffres INRS – Le coût du stress professionnel en France en 2007).

L’épuisement professionnel (burn-out)

Le burn-out se manifeste généralement par un épuisement physique, mental et émotionnel du salarié conduisant à un désintérêt pour son travail et/ou une dépréciation de ses résultats. Les causes sont sujettes à débat, toutefois une situation de stress professionnel prolongée serait l’un des facteurs déclenchants. Au cœur de l’actualité cet été après plusieurs revirements, le syndrome d’épuisement professionnel ne sera finalement pas reconnu comme maladie professionnelle dans la loi Rebsamen du 23 juillet 2015 sur le dialogue social, le gouvernement estimant que la vie privée des salariés contribue significativement à son apparition.

Le harcèlement moral et les violences

En France le harcèlement moral et les violences internes restent des sujets assez tabous. Les victimes sont rarement dédommagées malgré les conséquences parfois graves sur la vie privée. La loi du 11 janvier 2010 a pourtant instauré une nouvelle définition classant le harcèlement moral comme une discrimination au même titre que le racisme et donc condamnable pénalement à hauteur de 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende. Une ambiance favorisant le travail collaboratif, la valorisation du travail effectué, l’autonomie, la confiance, des objectifs clairs et des défis réalistes sont quelques exemples de solutions visant à réduire les RPS.

D’un point de vue réglementaire, une évaluation des risques psychosociaux, première étape à une étude approfondie si nécessaire doit être intégré au "document unique". DEKRA a développé une méthodologie simple répondant à cette réglementation et vous permettant d’identifier les leviers sur ce sujet. Chaque entreprise est différente, c’est pourquoi DEKRA, s’appuyant sur son réseau HSE de 220 intervenants en France, vous aide à détecter des situations, des organisations et des comportements à risques, en vous conseillant et en vous accompagnant sur ces problématiques.

Sources :

* http://www.securite-sociale.fr/IMG/pdf/rapport-pqe_atmp.pdf

** http://www.ameli-sante.fr/troubles-musculo-squelettiques-tms ***http://www.inrs.fr/media.html?refINRS=PR%2037

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