Vous devez réaliser des travaux en hauteur ou sur des sites d’accès difficile et ne savez pas quelle(s) solution(s) privilégier ? Tour d’horizon de la réglementation et de nos recommandations.

Le travail en hauteur constitue la seconde cause de mortalité au travail, après le risque routier. On dénombrait 30 décès liés à des chutes de hauteur en France en 2015.

Qu’est-ce qu’une chute de hauteur ?

On parle de chute de hauteur lorsqu’il existe une dénivellation, à la différence de la chute de plain-pied. La surélévation peut être légère, si le travailleur se trouve sur un marchepied par exemple, ou très importante, notamment s’il est situé sur des toitures ou des pylônes. Le même risque existe lorsque le travailleur se situe à proximité d’une tranchée, d’une fouille ou d’une falaise, puisqu’il peut là aussi perdre l’équilibre et se retrouver précipité dans le vide.

Le risque de chute de hauteur concerne les travailleurs de tous les secteurs d’activité : professionnels du BTP, agents de réseaux électriques, agents d’entretien, techniciens de maintenance, techniciens du spectacle…

Comment le travail en hauteur est-il encadré par la réglementation ?

La réglementation ne donne pas de définition précise du travail en hauteur. Il incombe au chef d’établissement de rechercher l’existence d’un risque de chute de hauteur en procédant à une analyse des risques. Il doit ensuite prendre les mesures adéquates en se fondant sur les principes de prévention généraux préconisés par le Code du travail (articles L.4121-1 et suivants).

Protection collective

De manière générale, il convient de privilégier la présence d’équipements permanents pour assurer une protection collective des travailleurs, grâce à des garde-corps, escaliers et échelles à marches ou encore des échelles fixes.

De manière générale, il convient de privilégier la présence d’équipements permanents pour assurer une protection collective des travailleurs, grâce à des garde-corps, escaliers et échelles à marches ou encore des échelles fixes.

S’il s’agit de travaux temporaires, on peut sécuriser temporairement une surface accessible, à l’aide d’équipements de travail :

  • équipements non mécanisés : plates-formes individuelles, échafaudages roulants et échafaudages de pied,
  • équipements mécanisés : plates-formes élévatrices mobiles de personnel (PEMP), plates-formes sur mâts, plates-formes suspendues.

Equipements de protection individuelle (EPI)

La protection individuelle intervient lorsqu’il n’est pas possible d’assurer une protection collective.

Pour cela, le chef d’établissement doit procéder à la vérification périodique des EPI (articles R.4323-99 à R.4323-103). Il doit également former (article R 4323-106) et informer (article R 4323-104) les utilisateurs de la bonne utilisation de ces EPI.

Dans quels cas peut-on utiliser le travail sur cordes ?

Dans certaines situations très spécifiques, en particulier lorsqu’il est impossible de recourir à l’utilisation d’équipements assurant une protection collective, le Code du travail autorise le travail sur cordes, aussi appelé travail encordé.

L'utilisation des techniques d'accès et de positionnement au moyen de cordes est conditionnée au respect des conditions décrites dans les articles R.4323-89 et R.4323-90, à savoir :

  1. Le système comporte au moins une corde de travail, constituant un moyen d'accès, de descente et de soutien, et une corde de sécurité, équipée d'un système d'arrêt des chutes. Ces deux dispositifs sont ancrés séparément et les deux points d'ancrage font l'objet d'une note de calcul élaborée par l'employeur ou une personne compétente ;
  2. Les travailleurs sont munis d'un harnais antichute approprié, l'utilisent et sont reliés par ce harnais à la corde de sécurité et à la corde de travail ;
  3. La corde de travail est équipée d'un mécanisme sûr de descente et de remontée et comporte un système autobloquant qui empêche la chute de l'utilisateur au cas où celui-ci perdrait le contrôle de ses mouvements. La corde de sécurité est équipée d'un dispositif antichute mobile qui accompagne les déplacements du travailleur ;
  4. Les outils et autres accessoires à utiliser par un travailleur sont attachés par un moyen approprié, de manière à éviter leur chute ;
  5. Le travail est programmé et supervisé de telle sorte qu'un secours puisse être immédiatement porté au travailleur en cas d'urgence ;
  6. Les travailleurs reçoivent une formation adéquate et spécifique aux opérations envisagées et aux procédures de sauvetage. Le contenu de cette formation est précisé aux articles R. 4141-13 et R. 4141-17. Elle est renouvelée dans les conditions prévues à l'article R. 4323-3.

Comment assurer la protection des travailleurs sur des grues à tour ?

L’accès à la cabine de la grue à tour peut engendrer des risques de chute de l’opérateur lors du cheminement dans la mature, ainsi que de contraintes physiologiques et troubles musculosquelettiques (TMS) engendrés par les efforts physiques lors de la montée et de la descente.

La recommandation R.495 du Comité technique national des industries du bâtiment et des travaux publics (CTN B) préconise :

  • de mettre en place des plateformes de repos au moins tous les 6 mètres (sauf pour la première volée où celle-ci pourra être de 10 mètres),
  • de privilégier les échelles inclinées,
  • de mettre en place un accès motorisé lorsque la cabine de conduite de la grue nécessite plus de 30 mètres d’ascension.

Par ailleurs, l’employeur doit prendre toutes les mesures afin de permettre eu grutier de travailler vitres fermées, de maintenir une température inférieure à 25°C en période chaude et supérieure à 20°C en période froide.

Comment assurer la protection des travailleurs sur des éoliennes ?

Il est fortement recommandé aux techniciens intervenant sur des éoliennes de suivre la formation « Basic safety training » de GWO (Global Wind Organization). En effet, cette organisation a développé un référentiel pour le secteur éolien qui vise à réduire les risques d’accidents. Cette formation comporte 5 modules, dont un concernant spécifiquement le travail en hauteur sur les éoliennes (WaH pour « Working at Heights »).

Il est également important de réaliser les vérifications périodiques obligatoires (installations électriques, lifts, palans, EPI…) afin de garantir la sécurité des travailleurs.

Toujours à vos côtés !

Les experts de DEKRA peuvent vous guider dans le choix des solutions à adopter pour assurer la sécurité de votre personnel, en fonction des contraintes du chantier, que celui-ci soit situé à une dénivellation légère ou très importante.

Ils sont également habilités à intervenir sur le terrain à vos côtés car ils disposent d’habilitations GWO – WaH pour les éoliennes, travail en hauteur pour les grues à tour, ou encore IRATA (International Rope Access Trade Association) pour le travail sur cordes.

A titre d’exemple, les cordistes de notre pôle CIM3 (Montagne, Manèges et Milieux périlleux) peuvent intervenir dans toutes sortes de milieux et d’environnements : inspection d’écluses, de cuves de stockage de gaz, contrôle d’attractions (Eurodisney, FestyLand), vérification de remontées mécaniques (La Plagne, Les Arcs) ou encore inspection des ascenseurs panoramiques des ascenseurs de La Défense à 110 mètres de hauteur, tout est possible !

Nos intervenants pourraient adopter la devise d’un jeu télévisé estival bien connu : « Toujours plus fort, toujours plus haut ! ».

Vous souhaitez vous former aux travaux en hauteur ?

Nous proposons des formations adaptées à toutes les situations : vérification des équipements de protection individuelle et collective, intervention sur des toitures, pylônes télécoms, poteaux, mâts...

Vous souhaitez nous rejoindre dans l’aventure ?

Nous recrutons un technicien(ne) en contrôle non destructif cordiste. Rejoignez-nous !

En savoir plus :

Sources :

Lire le dossier de l'INRS sur le travail en hauteur.

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