La réhabilitation urbaine désigne l’ensemble des techniques permettant de réaménager un lieu, inoccupé ou non. Son objectif est de remettre en état un espace et de l’améliorer, sans procéder à sa démolition. Les opérations de réhabilitation sont donc des travaux d’amélioration au niveau du confort, de la consommation d’énergie ou encore du respect de l’environnement. En général, la réhabilitation concerne d’anciens immeubles que l’on veut rénover ou des sites industriels inoccupés auxquels on souhaite donner un nouvel usage. Dans ce cas précis, on parle alors de réaffectation.

20.11.2019

I.    Réhabilitation, rénovation et restauration : quelle différence ?

 

La réhabilitation implique des travaux intérieurs ou extérieurs qui respectent l’architecture de l’édifice. Même si elle s’en rapproche et partage un objectif similaire, la réhabilitation ne doit pas être confondue avec la rénovation et la restauration. 

En effet, en architecture générale, la rénovation urbaine implique la démolition d’au moins une partie de la structure, afin de la reconstruire. Les travaux de rénovation sont donc souvent des travaux lourds, nécessitant l’utilisation d’engins de chantiers et une importante implication des pouvoirs publics. Ils consistent à faire disparaître l’ancienne structure en vue d’une remise à neuf. La rénovation urbaine peut être à visée esthétique, mais aussi s’inscrire dans une démarche d’économie d’énergie, à travers la reconstruction d’édifices mieux isolés. 

La restauration est un peu l’opposé de la rénovation. Lorsque l’on restaure une structure, on cherche absolument à préserver son aspect d’origine et à respecter l’histoire que représente son architecture. Il s’agit donc de donner une seconde jeunesse à une construction sans l’altérer. D’ailleurs, en ce qui concerne les monuments historiques, la restauration est soumise à des règles très strictes. La Charte de Cracovie, datée de 2000, régit les travaux de restauration de monuments historiques à l’échelle internationale et permet d’utiliser les nouvelles technologies au service de la préservation du patrimoine architectural.      

II.    Les différents types de réhabilitation

 

Au-delà d’améliorer un immeuble, une friche industrielle ou un espace vert, la réhabilitation peut avoir pour objectif la dépollution d’un site, l’amélioration des performances énergétiques ou encore la transformation d’un quartier. 

La réhabilitation environnementale

Appelée aussi réhabilitation écologique, elle a pour but de procéder à la dépollution et la restauration de l’écosystème d’une friche industrielle (terrain anciennement exploité et abandonné, qui est alors colonisé par la végétation). Depuis 2010 et la loi Grenelle II, le gouvernement incite les collectivités territoriales à réhabiliter les anciens terrains industriels afin d'accélérer la transition écologique. La réhabilitation des friches est également un moyen efficace de lutter contre l’étalement urbain puisque l’on estime que 54 000 hectares de sols sont perdus chaque année en France. 

La réhabilitation écologique se réalise grâce à différentes techniques de dépollution des sols. On considère généralement qu’il en existe trois grands types : la dépollution par remplacement, la dépollution physico-chimique et la dépollution biologique :

  • la dépollution par remplacement : la terre polluée est remplacée par de la terre saine prélevée ailleurs. Le volume de matériaux à déplacer étant souvent important, des machines comme le camion-benne sont souvent privilégiées.   
  • la dépollution physico-chimique : elle se réalise selon diverses méthodes comme le tri granulométrique, l’incinération ou encore l’aspiration. L’objectif étant de détruire totalement les polluants ou de les solidifier afin de réduire leur dispersion. 
  • la dépollution biologique : cette méthode repose sur la capacité de certaines bactéries à filtrer et dégrader les éléments polluants. C’est une technique qui permet de dépolluer à moindre coût, en comparaison aux autres approches qui sont très coûteuses. Néanmoins, le risque de la dépollution biologique est qu’une fois le sol assainit, les bactéries les plus résistantes prolifèrent.

La réhabilitation thermique :

La réhabilitation thermique va au-delà de la réhabilitation écologique en désignant l’ensemble des opérations visant à diminuer la consommation d’énergie des bâtiments et des personnes. Fortement encouragée par les pouvoirs publics, elle s’inscrit pleinement dans le cadre de la transition énergétique. La réhabilitation passe principalement par l’amélioration de l’isolation extérieure et intérieure de la structure dans le but de limiter les déperditions d’énergie. 

  • l’isolation extérieure : Plus efficace que l’isolation intérieure, elle peut être réalisée en site occupé. Elle peut se faire par la pose d’un nouvel enduit, qui évitera les ponts thermiques, ou d’un bardage en bois ou en composite retenu par une ossature fixée directement à la structure de l’édifice.
  • l’isolation intérieure : Difficile à entreprendre, car elle suppose une refonte de l’isolation des murs intérieurs et donc
  • les vitrages ne sont pas à négliger lorsque l’on est à la recherche de la performance énergétique. La pose de double vitrage est de plus en plus fréquente, car ces dispositifs sont très performants en terme d’isolation. En revanche, son efficacité diminue si l’encadrement de vos fenêtres ne possède pas de rupture du pont thermique.   

La réhabilitation thermique est donc la meilleure façon d’optimiser la consommation d’énergie. Grâce aux avantages fiscaux et aides à la rénovation, ces travaux sont de plus en plus fréquents, tant sur des immeubles que sur des maisons individuelles.  

La réhabilitation des quartiers prioritaires :

En France, la réhabilitation des quartiers est au coeur de l’action sociale. Son objectif est de créer une mixité sociale dans l’habitat en diversifiant les activités des quartiers dits sensibles. Ainsi, cette réhabilitation passe par la création de commerces, d’espaces de loisirs ou encore d’espaces culturels, le tout au sein d’une même conurbation. Elle est encadrée par l’ANRU (agence nationale pour la rénovation urbaine) qui garantit le financement et la mise en action des opérations de réhabilitation. Les subventions de l’ANRU permettent donc aux collectivités locales qui le souhaitent de réhabiliter leurs quartiers en s’appuyant sur la cohésion sociale. Cette solution est privilégiée par les habitants de ces quartiers qui souhaitent conserver une certaine forme de cohésion sociale. Depuis 10 ans, environ 500 quartiers, dans toute la France, ont été concernés par ce plan de réhabilitation. 

Qu’elle soit écologique, thermique ou sociale, la réhabilitation s’inscrit dans une véritable démarche de valorisation des structures existantes. Il ne s’agit pas de démolir puis de reconstruire, mais bien de transformer un lieu afin qu’il soit davantage en adéquation avec préoccupations et principes actuels.

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