On dit souvent que les données sont le nouvel or noir. Mais chez DEKRA Rail, nous n’avons pas trouvé les données dans le pétrole mais bien dans l’huile ! Au sein du laboratoire de tribologie, à Utrecht aux Pays-Bas, l’étude des frottements mécaniques et de leurs effets produit d’incroyables volumes de données recueillis au fil des années.

07.01.2020

Tout a commencé avec les uniformes. Tout a commencé en 1911 quand la compagnie néerlandaise des chemins de fer, Insatisfaite de ses vêtements de travail, souhaitait faire appel à un laboratoire indépendant pour tester les tissus de ces uniformes. Ces essais ont jeté les bases de ce que l’on connaît désormais sous le nom de DEKRA Rail. 

Un siècle plus tard, la gamme des services de DEKRA Rail s’est considérablement étoffée. Qu’il s’agisse de tests de matériaux, de rapports d’accident ou d’inspection de systèmes ferroviaires entiers, DEKRA Rail propose désormais une offre complète à ses clients. Mais ce que peu de gens savent, c’est que si les roues, les axes et les essieux montés sont passés au crible à Utrecht, il en va de même pour les lubrifiants dans le cadre de la recherche sur le frottement et l’usure, appelée « tribologie » : une méthode qui nous permet d’observer si une pièce est déjà usée. Grâce à une collecte de données de qualité depuis maintenant 30 ans, DEKRA peut expliquer à leurs clients qu’un composant est sur le point de céder, mais aussi à quel moment cette rupture devrait se produire. Chaque année environs 25 000 échantillons sont prélevés par le laboratoire de tribologie.

« Ces informations nous donnent l’opportunité d’évaluer précisément la durée de vie d’un matériau. Cette maintenance prédictive permet à nos clients d’économiser de grosses sommes d’argent », explique Bert Muijen, responsable de la collecte de données du laboratoire d’Utrecht. D’une part, ils ne sont plus contraints de remplacer des pièces susceptibles d’être en parfait état pour la simple raison qu’elles ont atteint un certain nombre de kilomètres et de l’autre, ils ne risquent pas d’être confrontés à un déraillement dû à la rupture soudaine d’une pièce.

L’équipe néerlandaise a bien conscience du potentiel de ses données : Ici, le mot d’ordre est « IoT », « Internet of Things ». L’’équipe envisage ainsi un système de capteurs placés à bord des trains pour mesurer directement la composition des lubrifiants tout en transmettant régulièrement des données sur le statut actuel. Cette solution élimine totalement la nécessité de prélever des échantillons pour les inspecter dans un second temps en laboratoire. Un gain de temps et d’efficacité considérable.  

Cependant, il reste encore un long chemin à parcourir avant de disposer de capteurs fonctionnels spécialement conçus pour le transport ferroviaire. « Certains fournisseurs sont déjà présents sur le marché, mais leurs produits ne sont pas adaptés aux applications sur rails », déclare Bert Muijen. « Nos clients s’intéressent à cette nouvelle technologie, mais ne sont pas certains de savoir si les articles déjà commercialisés peuvent véritablement tenir leurs promesses. » C’est la raison pour laquelle les experts du secteur ferroviaire d’Utrecht ont soumis à essai cinq capteurs développés par différents fabricants. Si l’utilisation de l’IoT dans le transport ferroviaire n’en est encore qu’à ses débuts, il jouera certainement un rôle de plus en plus prépondérant à l’avenir. 

Afin de répondre aux nouvelles exigences des fabricants et des clients, Bert Muijen envisage un « Centre d’innovation IoT » : un espace où les constructeurs pourront tester la viabilité de leurs capteurs dédiés au transport sur rail en conditions réelles, mais contrôlées de près. Pour atteindre cet objectif, Bert Muijen travaille actuellement en étroite collaboration avec ses collègues suédois. Ils font en ce moment leurs tout premiers pas sur un projet de big data mené, au cours duquel des données de contrôle non destructif sont analysées en vue d’établir une corrélation entre le taux de corrosion, la composition des gaz de combustion, la pression, la température et les conditions climatiques. « Les capteurs IoT changeront toute la donne. Si nous avons la chance d’associer des données en temps réel à d’autres sources d’informations, nous pourrons créer des modèles de prévision faisant appel à des algorithmes de prédiction et d’apprentissage machine », poursuit l’expert. Un projet d’avenir pour DEKRA et un grand vers un monde plus sûr dans le domaine ferroviaire. 
 

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