Depuis le 3 octobre 2017, le décret n° 2017-1442 impose aux armateurs des navires battant pavillon français, une obligation de recherche initiale d’amiante sur tous les matériaux et produits pouvant en contenir ainsi que de faire réaliser si nécessaire des travaux de mise en sécurité ou un suivi de l’état des matériaux ou produits en place. Avec l’obtention de notre accréditation COFRAC n° 3-1628, DEKRA réalise depuis peu des repérages amiante à bord des navires.

 

A bord de ces navires, un réseau important de tuyauterie (circuits de combustible, d’eau de mer pour le refroidissement, d’eau douce, d’huile, etc.), de brides et de calorifugeages de vannes courent sur les bordées, les plafonds et sous les parquets. Sur ce type de navires, la salle machines est un endroit bruyant qui peut être très chaud jusqu’à 60°C en zone tropicale, malgré une ventilation importante. Des lieux où la présence d’amiante est donc fréquente et son repérage indispensable.

Le repérage amiante chez DEKRA

Chez DEKRA, une équipe de trois intervenants menée par Vincent Moncomble, réalise des missions sur le littoral français mais également à l’international. En effet, certains armateurs ont fait appel aux services DEKRA pour l’inspection de pétroliers, porte-conteneurs, remorqueurs, bateaux-pompes, navires de travail, navires de bathymétrie, câbliers… impliquant parfois d’aller à l’international comme les Antilles, le Gabon, la Pologne, les Pays-Bas, l’Italie, l’Angleterre ou même le Chili ! D’autres expertises sont prévues à nouveau au Gabon, mais également au Congo, en Angola sur les sites de Soyo, Malongo (enclave angolaise au Congo), et Luanda la capitale…

Parfois, les équipes sur le terrain quittent les terminaux pétroliers ou de conteneurs pour se rendre dans des ports de plaisance et côtoyer pendant quelques heures des voiliers. En effet, ces navires qui ont une activité commerciale, sont également concernés par la réglementation, tout comme les bateaux de travail ou les barges qui sont eux-aussi soumis à cette obligation de repérage. Cette activité monte en puissance avec les nombreux contacts noués sur le terrain : les armateurs, les coopératives de pêcheurs, mais également avec l’application de la nouvelle norme de juin 2019 sur l’obligation de faire réaliser des diagnostics avant travaux. L’équipe de désamiantage des navires compte bien recruter et former de nouveaux collaborateurs pour répondre aux nombreuses commandes de leurs clients.

Une anedocte de Vincent Moncomble, responsable technique national du repérage d’amiante sur les navires

« Je suis intervenu sur un pétrolier qui devait rester plusieurs jours au mouillage, il était situé à 20 milles (37 kilomètres) environ au large de Rotterdam. J’ai donc été amené sur zone grâce à une vedette extrêmement rapide. Une fois contre la coque du pétrolier, il faut grimper à bord à l’aide d’une échelle de coupée. Il faut attendre le bon moment pour l’agripper et gravir les 15 mètres d’acier de la coque du navire. Le Bosco et un matelot sont là pour me réceptionner, puis ils descendent des bouts (cordages) en direction de la vedette pour pouvoir y arrimer à l’extrémité, mon bagage et le matériel nécessaire à ma mission de repérage et enfin le hisser à bord. C’est parfois un peu acrobatique lorsque la mer est formée.

A bord, rapidement, je suis présenté au commandant, au second et au chef mécanicien avant de me mener à ma cabine située au niveau du pont officiers. Une fois équipé, je commence mes investigations qui étaient estimées à 3 jours. Le lendemain matin, au mess, lors du petit-déjeuner, le commandant m’apprend que le navire doit quitter le mouillage pour charger des hydrocarbures dans un port pétrolier du nord-est de l’Angleterre. Il faudra par conséquent, que je fasse mon expertise tout en naviguant.

Outre le bruit des moteurs et les mouvements du bâtiment, le fait que nous soyons en route, la température avoisine les 50°C dans la salle des machines rendant plus pénible l’intervention. Une fois quasiment arrivé sur zone, il faudra patienter quelques heures au mouillage au large des côtes de Grande-Bretagne. Lorsque l’ordre a été donné d’appareiller, j’ai eu la chance de me voir proposer la barre et la propulsion du navire, le commandant restant à mes côtés. J’ai ainsi pu assister, en pleine nuit, à l’arrivée des pilotes anglais pour l’approche, l’entrée au port et l’accostage. Les pilotes anglais fidèles à leur réputation, étaient, sous la veste de quart, en blazer, chemise blanche et cravate ! »

Vincent MONCOMBLE 

Arrivé en décembre 2010 chez DEKRA, Vincent Moncomble commence en tant que diagnostiqueur immobilier. Il entreprend rapidement une formation pour se spécialiser dans le repérage amiante. Mais après une première mission sur un chantier naval réussi, Vincent est nommé Responsable technique national du désamiantage des navires pour répondre à la nouvelle législation. Issu d’une famille de navigateurs montpelliérains et ayant lui-même le pied marin, Vincent retrouve ainsi le monde des bateaux.

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