Malgré de gros efforts en prévention ces dix dernières années, le taux de sinistralité dans le BTP reste trop élevé. Bonne nouvelle : de bonnes pratiques en prévention permettent de limiter le nombre d’accidents tout en diminuant la facture.

Un taux de sinistralité encore trop élevé

Comme l’a rappelé l’OPPBTP lors de la présentation de son plan « Horizon 2020 » le 31 mars dernier, « les entreprises du Bâtiment et des Travaux Publics n’ont pas relâché leurs efforts en matière de prévention ». Néanmoins, le secteur de la construction, qui regroupe 8% des salariés inscrits au régime général compte 18% des accidents avec arrêt du travail, 21% des accidents avec incapacité permanente et 29% des accidents mortels1. On déplore encore un accident par minute et un accident mortel tous les 2,6 jours.

Vers 100% de documents uniques remplis

Afin de faire baisser la sinistralité dans le BTP, l’un des objectifs de l’OPPBTP est de faire en sorte que 100% des entreprises du BTP engagées en prévention aient réalisé leur document unique (DU) et leur plan d’action. Selon une enquête réalisée par l’INRS en 2014, 92% des entreprises du BTP disposaient d’un document unique, ce qui se situe déjà bien au-dessus de la moyenne des autres secteurs. En effet, seuls 46% des employeurs avaient rédigé leur document unique d’après une étude de la DARES publiée en mars 20161.

Bien organiser les chantiers

Des solutions peuvent être trouvées également du côté de l’organisation des chantiers, comme le suggère l’INRS2. « La majorité des accidents avec arrêt relève directement de problèmes de logistique et de circulation imputables, en partie, à la mauvaise organisation générale des chantiers :

  • 4 accidents sur 10 sont dus aux manutentions manuelles et aux masses en mouvement ;
  • 2 accidents sur 10 sont des chutes de plain-pied liées aux mauvaises conditions de circulation sur les chantiers ;
  • 1 chute avec dénivellation sur 5 survient dans des escaliers. »

Or, la mise en œuvre d’une organisation logistique contribue non seulement à préserver la santé et la sécurité des salariés, mais aussi à améliorer le bilan économique de chaque opération. Pour cela, l’évaluation des risques doit être réalisée dès la phase de conception, en concertation entre le maître d’ouvrage, le maître d’œuvre et le coordonnateur sécurité et protection de la santé (SPS). « Il est important de désigner le coordonnateur SPS dès la phase d’avant-projet sommaire (APS), car cela permet de prendre en compte les risques liés à l’activité de l’ensemble des corps d’état », précise Yannick Caron, responsable technique national BGC chez DEKRA Industrial. Les solutions retenues peuvent alors être intégrées dans le plan général de coordination (PGC) ainsi que dans le dossier de consultation des entreprises (DCE). Cela permet d’anticiper et de mieux gérer les différentes phases du chantier, jusqu’à la maintenance. En effet, la mise en place de protections collectives définitives doit être prévue en amont, lors de la phase conception. Par exemple, si des installations de ventilation sont installées en toiture, il faut prévoir des protections pour le personnel qui en assurera l’entretien. Ces considérations sont reprises dans le dossier d’intervention ultérieure sur l’ouvrage (DIUO).

Mutualiser les moyens

Afin de limiter les opérations de montage, modifications et démontage, qui entraînent une perte de productivité et de temps sur le planning, la Cramif3 conseille de mutualiser les moyens mis en œuvre par les différents lots : « la mutualisation de ces moyens permet de disposer d’équipements conformes, complets, adaptés, correctement montés, en quantité suffisante, pendant toute la durée des travaux concernés ». Par exemple, si le gros œuvre prévoit d’utiliser une grue pendant six mois, et les entreprises de charpente et de couverture ont également besoin d’une grue pendant deux mois, mieux vaut prévoir l’utilisation d’une seule et même grue pendant huit mois.

La prévention, ça rapporte !

Les résultats des études de l’INRS et de l’OPPBTP vont dans le même sens : les entreprises engagées dans des actions concrètes de prévention sont économiquement gagnantes. Le rendement moyen global est de 2,34 selon l’OPPBTP4, c’est-à-dire que pour 100 euros engagés dans une action de prévention, les gains économiques sont de 234 euros.

Les missions de DEKRA Industrial

Que vous souhaitiez être accompagnés dans la conception générale d’un ouvrage, gérer la co-activité, limiter les risques d’accidents ou éviter les arrêts de chantier, DEKRA peut vous accompagner au travers des missions suivantes :

  • Analyse des risques
  • Animation sécurité
  • Audits de chantier
  • Comité interentreprises de santé et de sécurité au travail
  • Coordination sécurité et protection de la santé (SPS)
  • Document unique
  • Dossier d’intervention ultérieure sur l’ouvrage (DIUO)
  • Formation et information des intervenants
  • Plan général de coordination (PGC)
  • Plan de prévention
  • Suivi de chantier
  • Suivi des travaux et des interventions
coordination sécurité et protection de la santé
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